Au Paradis des Muses

 

Vice : plaisir que l'on n’a pas goûté.

(Louis Aragon)

 

 

Quand j’aurais exploré tes parfums et que tu auras su me sentir, alors nous viendra l’eau à la bouche. D’une langue impatiente et délicate, je chercherai les sels capricieux de ta peau, les sucs secrets de ton corps, les sèves les plus rares, celles capables de me troubler par leur subtilité. Tes saveurs féminines taquineront mes papilles et je croirai alors goûter à la félicité.

 

Sous l’incidence de nouvelles émotions, tes frémissements engendreront de nouvelles exhalaisons plus exceptionnelles encore. Des particules d’arômes aux goûts de fruits défendus, de terre vierge et de feuillages frais envahiront mon être en profondeur. Ma bouche, mon air et mon sang s’imprégneront du goût de ton corps en état de plaisir. Aux racines de mon cerveau les marques de ta chair s’imprimeront à jamais.

 

J’irai cueillir ton pollen dans les plis de tes chairs comme tu récolteras mes sels, les alcools et mes écumes à la manière d’une sorcière. Assoiffé de te connaître, je te boirais comme tu me suceras. Nous nous pourlécherons. Nous nous lécherons la bouche, le cou et le visage comme des loups, comme des chiens. Nos salives se mélangeront, nous nous régalerons de nos sèves entremêlées en un fluide éphémère et enivrant. Ton air sera mon air, ton goût sera mon goût.

 

Dans notre soif infinie du frisson ultime nous croirons enfin nous réconcilier avec ce monde. Peut-être même croirons-nous nous délivrer du mal. Il ne nous restera qu’un seul moyen d’un finir. Jouir, jouir, jouir encore. Jouir encore et encore, jouir à en mourir, car nous voudrons nous sentir vivants, coûte que coûte.

 

 

 

 

© DGC 08 2009

illustration DGC

 

Dim 16 aoû 2009 3 commentaires
Arg ! comment oublier l'utilisation de la langue !
qui permet de la pointe de mettre en transe
en glissant sur le dos ou sur chaque doigt de pieds
provoquant soupirs et jouissances assurées !

Dans le goût il y a la notion de lécher, ok
mais croquer, savourer, mordiller, c'est un fait
croquer une épaule, savourer un homme
et pendant la jouissance mordiller son lobe !

Mais je frémis en lisant l'utlisation de la salive
qui se mélange pour devenir un vernis
une façon d'obtenir une odeur identique
pour un moment, un instant... magique !
Multi-sourires - le 18/08/2009 à 06h58


Multi-plier les sensations les plus torrides

est une spécialité des louves affamées

et savourer l’instant propice où leurs complices

acceptent de baisser la garde, leur rendent les armes,

est une quête pour elles sans cesse renouvelée

Lorsque les chevaliers de retour vers leurs dames

se livrent corps et âme aux vertiges des délices

Elles ne craignent pas d’eux qu’ils soient encore splen-Did !


Anonyme

mourir un peu pour se sentir plus vivant que jamais...
humons, goûtons, tastons donc, palpons...aimons!
à deux, c'est toujours mieux!


cela dit...

petites morts annoncées...
"écoutez!

écoutez les silences assourdissants des instants hurlant d'entres et de chairs;

prenez à redonner plus fort encore le précieux saisit aux notes de ces airs:

enivrez le monde alors de rythmes et de vibrations éphémères...

la tête basculée, la vue se fond au milieu des étoiles.

les pensées se dissipent au gré des voies et des flammes en toiles.

le frisson vient, l'émotion retient.

d'un torpillé,l'ultime rejoint les inspirés:

l'expiration, ce souffle de communion au monde..."

petites morts exaucées!

ton verbe est si sensible...j'en aurais presque des frissons!
(kat')

kat' - le 24/08/2009 à 03h55

Merci Kat'
Je te retrouve plus hédoniste que jamais...
Quel plaisir de te voir !
Anonyme
avec plaisir...
ravie de jouer l'écho invisible.
kat' - le 03/09/2009 à 21h31

Chère Kat', une hédoniste qui joue avec plaisir frise le pléonasme !
Anonyme